Rwanda·ises

 

Le Rwanda est le seul pays au monde dont la majorité (61,3%) des parlementaires sont des femmes. La moyenne mondiale est de 23,4%. La moyenne européenne de 36,1%. Bien que son dirigisme politique soit critiqué par certain·e·s, le président, Paul Kagame, fait figure d’exemple sur la scène internationale quant à son attention prêtée aux droits des femmes. En 2007, il rece- vait le African Gender Award ; en 2017, le Rwan- da était classé en quatrième position mondiale de l’égalité hommes-femmes, selon le Global Gender Gap Report.

 

En octobre 2018, je suis partie à Kigali. J’y ai vécu pendant deux mois et demi, j’ai voyagé dans le pays aussi. J’ai rencontré des femmes. J’en ai photographiées certaines.

Elles étaient aussi différentes de situations et d’origines que d’apparences, révélatrices d’une réalité bien trop nuancée pour me permettre d’établir un état des lieux de la situation des femmes rwandaises. Leur diversité est au final ma meilleure réponse: je présente ici non le résultat d’une enquête sociologique, scientifique, mais bien le fruit de mes rencontres, aussi hasardeuses qu’elles aient pu être. Je ne tente pas d’établir une définition de « la femme rwandaise», j’expose quelques personnalités à déchiffrer. Ces femmes ont posé pour moi: leurs vêtements, leurs attitudes, dans certains cas le décor même ont été choisis avec soin, par elles-même. Elles coexistent au sein d’une société qui, avec le lourd passé qu’on lui connait, se reconstruit à grande vitesse, faisant éclore de larges disparités. Leurs visages sont à l’image de la féminité : aussi uniques dans leurs individualités qu’infinis dans leurs définitions.

 

Manier l’image de femmes noires nécessite, à mes yeux, certaines connaissances quant au pouvoir des images et à la façon dont nos sociétés occidentales ont exploité celui- ci, afin de servir leurs propres intérêts au détriment des populations photographiées et donc concernées. A cet effet, un carnet de recherches, condensé référencé de mes lectures sur le sujet, est présenté comme inhérent au projet photographique : il permet une deuxième lecture des images, plus approfondie grâce aux grilles d’analyses historique, sociologique, et symbolique proposées.